RÈGNE D’EL-’AZIZ-BILLAH
Abou-Mans’our-Nezar-el-Moez-Sadin-Allah-
Abi-Temin-Ma’ad-ben-el-Mans’our-Abi-et-T’aher-
Isma’ïl-ben-el-K’aïm-Bamr-Allah-Abi-el-K’âcem-
Moh’ammed-ben-el-Moh’di-’Obeïd-Allah naquit le
jeudi, 14 de moh’arrem 344, à El-Mohdïa. Il commença
son règne en rebi’-el-akher 365, après la mort
de son père. Il était brave, clément et instruit. Les
prières se faisaient pour lui en Afrique, en Égypte,
dans le pays de Cham et dans l’Iemen. Il ajouta à ses
états Homs, Alep et Moussoul.
Il avait à Cham un agent israélite nommé Micha,
qui avait pour secrétaire un chrétien appelé
‘Aïça-ben-Mans’our. Les juifs et les chrétiens étaient
protégés par ces deux hommes. Les musulmans de
Mas’r, voulant détruire l’infl uence de ces infi dèles,
écrivirent le billet suivant et le placèrent dans la main
d’une statue, dans un lieu où le prince devait passer :
«Nous demandons la fi n de nos, maux à celui qui fait
que les juifs sont heureux par Micha, que les chrétiens
le sont par ‘Aïça, et que les musulmans sont méprisés
par toi.» Le khalife ayant aperçu ce papier, se le fi t
donner ; il le lut, et, d’après son contenu, il fi t arrêter
Micha et ‘Aïça.. Le premier fut condamné à une trèsforte
amende, et il prit du second 300,000dinars.
Un autre jour, étant en chaire, ses regards tombèrent
sur un autre écrit portant ces mots : « Nous nous
LIVRE QUATRIÈME. 115
sommes soumis à la tyrannie, mais nous ne pouvons
supporter l’impiété ; si tu connais les choses cachées,
devine quel est celui qui a écrit ces lignes. » En effet,
cet émir se vantait de connaître les choses les plus
secrètes. Il entretenait de vieilles femmes qui, sous
divers prétextes, s’introduisaient dans les maisons et
lui rapportaient ce qui s’y faisait et s’y disait. Ensuite,
lorsqu’il était devant la foule, il s’écriait : « A
quoi pensent ceux d’entre vous qui disent telle chose,
qui font telle autre ? » De sorte qu’on lui croyait
le don de la divination ; lui-même se vantait de le
posséder.
Il avait pour lieutenant en Afrique Balkin, qui
avait déjà été le lieutenant de son père. Son premier
ministre était Ia’k’oub-ben-Kels, converti à l’islamisme,
le plus habile homme de son temps. Je ne
puis faire son histoire dans cet abrégé ; du reste, elle
se trouve dans d’autres historiens.
Une fois, El-’Aziz-Billah écrivit à El-H’akem,
qui régnait en Andalousie, une lettre pleine d’invectives.
Ce prince se contenta de lui répondre : « Tu
m’injuries quoique tu me connaisses ; je repousserais
tes attaques si je te connaissais. » Ce qui voulait
dire probablement que sa généalogie lui était suspecte.
El-’Aziz mourut à Belbis à l’âge de quarantedeux
ans, le 8 de ramad’ân 386, d’une maladie qui
tenait de la goutte et de la colique néphrétique. Que
Dieu lui fasse miséricorde !
Tuesday, 7 July 2009
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