Tuesday, 7 July 2009

GOUVERNEMENT DE ’EL-H’ADJ-MOH’AMMED.

GOUVERNEMENT D’EL-H’ADJMOH’AMMED.
El-H’adj-Moh’ammed-Djadjagli s’assit à la porte
de la k’as’ba le jour de l’abdication de K’ara-Kous,
puis s’y installa, car c’est la demeure de ceux qui arrivent
au pouvoir, Il avait été marin; il dut sa nomination
à son extérieur imposant, qui semblait promettre
un administrateur sage ; mais ce fut tout le contraire.
Moh’ammed était une tête faible ; il ne donnait des
ordres presque sur rien, et ceux qu’il donnait étaient
à l’instant détruits par d’autres. Sa mémoire était tellement
affaiblie qu’il oubliait en un instant ce qu’il
venait de faire.
Un jour il envoya en exil plusieurs grands personnages
; puis, ne les voyant plus paraître, il demanda
où ils étaient. Lorsqu’on lui eut rappelé l’ordre
qu’il avait donné à leur égard, il protesta qu’il
n’avait jamais rien fait de semblable. Chacun, dans
le palais, se mit alors à commander en son nom, et il
en résulta une perturbation fâcheuse dans la marche
de l’administration. Les deux secrétaires du divan,
Ch’abân-Khodja et El-H’adj-Moh’ammed-Bichara,
furent ceux qui prirent la plus forte part d’autorité.
Ce fut à cette époque qu’on fi t enlever les immondices
qui s’étaient accumulées à Sidi-Cherif. Les
habitants de la ville et des faubourgs y travaillèrent
par corvée. El-H’adj-Moh’ammed assistait aux travaux
avec sa suite.
364 HISTOIRE DE L’AFRIQUE.
El-H’adj-Moh’ammed conserva le titre de dey
jusqu’au commencement de 1080. A cette époque, on
le contraignit d’abdiquer. Il fut conduit dans sa maison
située près du lieu où le divan tient ses séances.
Quelques jours après, il reçut la défense d’en sortir,
défense qu’il observa jusqu’à sa mort. On assura qu’il
était devenu tout à fait fou. El-H’adj-Ch’abân, un des
secrétaires du divan, lui succéda.

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