GOUVERNEMENT D’ABOU-IAH’IA.
El-Moula-Ahou-Iah’ia-Abou-Bekr-ben-el-Moula-
Abou-Zakaria-ben-el-Moula-Abou-Ish’ak-Brahimben-
el-Moula-Abou-Zakaria-ben-el-Moula-Abou-
’Abd-Allah-Moh’ammed-el-Mestamer-ben-el-Moula-
Abou-Zakaria-ben-el-Moula-’Abd-el-Ouah’edben-
Abou-Bekr-ben-ech-Cheikh-Abou-H’afez-’Omar
fut proclamé le 18 de rebi’-el-oouel 718. C’était un
homme d’un beau physique, plein de courage et généralement
aimé. Il ne donna les emplois judiciaires qu’à
ceux que l’opinion publique lui désigna comme dignes
de les occuper. Son k’âd’i était Ben-’Abd-es-Sâlem.
Ce magistrat, irrité de quelques confl its qui s’étaient
élevés entre lui et le k’aïd Ben-el-H’akim, avait un
jour fermé sa porte, résolu de cesser ses fonctions;
mais le khalife l’ayant appris, le fi t venir en sa présence,
et lui ordonna de les reprendre. Il lui dit ensuite :
« Je te citerais au tribunal de Dieu, si tu hésitais jamais
à poursuivre un coupable, serait-ce mon propre fi ls. »
Ce prince aimait et honorait les chérifs, que son grandpère.
Abou-Ish’ak’ avait aussi constamment favorisés.
Il leur abandonna le quart des revenus des immeubles
affectés à divers services publics.
Abou-Iah’ia eut souvent la guerre avec les Beni-
’Abd-el-Moumen. Les révoltes des Arabes l’obligèrent
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1 Souverain de ce pays.
240 HISTOIRE DE L’AFRIQUE.
aussi très-souvent, de sortir de Tunis pour marcher
contre eux. Il parvint à les soumettre, à sauver la
tête de leurs cheikhs, et à pacifi er le pays. Il fut surnommé
El-Metouakkel-’Ala-Allah. Son k’aïd Benel-
H’akim le rendit maître de Mohdïa, soumise alors
à El-Djiani(1) et à son fi ls.
En 743, les Arabes, s’étant soulevés de nouveau,
assiégèrent Tunis pendant sept jours. Ils furent repoussés,
et le khalife les poursuivit jusqu’à Rekkâda.
Il rentra ensuite à Tunis. Il prit pour ministre Ben-
Tafradjin, qui fi t arrêter le k’aïd Ben-el-H’akim,
l’accabla de mauvais traitements, et, confi squa ses
biens. On dit qu’on trouva chez lui une cinquantaine
de quintaux d’or, sans compter l’argent et les pierreries.
Ben-el-H’akim possédait, en outre, plus de cent
quarante immeubles. Il fut mis à mort.
On comptait à Tunis, sous le règne d’Abou-Iah’ia,
plus de sept cents boutiques d’épiciers, et l’on y pétrissait
plus de quatre mille kefi z de farine par jour. Quatre
mille personnes y étaient employées aux diverses manipulations
qu’exige la confection du pain.
L’Afrique prospéra sous son gouvernement. Il l’administra
jusqu’en 747. Cette année-là, lorsque le k’âd’i
le fi t avertir qu’on entrait dans le mois de redjeb, il était
à Abou-Fah`r. Il s’écria en recevant cet avis : « Quoi,
déjà ! » Puis il se leva, fi t ses ablutions, se repentit de
ses fautes, et annonça à ses parents et à ses amis qu’il
devait mourir dans ce mois. Il monta ensuite à cheval,
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1 Ce Djiani commandait à Tripoli, ainsi qu’on l’a vu plus haut.
LIVRE SIXIÈME. 241
parcourut toute la ville, et rentra à la k’as’ba pour ne
plus en sortir. S’étant gratté à l’épaule, il y fi t venir
un bouton qui lui occasionna une forte fi èvre dont
il mourut le 2 de redjeb(1), après avoir désigné son
fi ls Abou-el-’Abbas pour son successeur. Ce prince
était alors dans le Belad-el-Djerid. Ses frères occupaient
aussi divers emplois au dehors, à l’exception
d’Abou-H’afez-’Omar qui était à Tunis, et qui s’empara
du commandement.
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