BADIS-BEN-EL-MANS’OUR-BEN-IOUCEF-BEN-
ZIRI-BEN-MENÂD ES-SENHADJI.
Ce prince arriva au pouvoir à la mort de son père
El-Mans’our, dans le mois de rebi’-el-oouel 386. Il
se rendit aussitôt à son château de Sardania avec sa
suite et ses esclaves ; ce fut là qu’on vint le complimenter.
Il se disposait à envoyer un présent au khalife
d’Égypte, lorsqu’il apprit sa mort, arrivée dans
le mois de ramad’ân, comme je l’ai déjà dit. Le présent
resta à Rekkâda jusqu’à l’année d’après. Alors
il fut envoyé au nouveau khalife. Badis donna à son
oncle H’amed-ben-Balkin le gouvernement d’Achir
et du Mor’reb. Le khalife El-H’akem-Bamr-Allah
députa vers lui pour lui annoncer la mort de Nezar,
lui faire ses compliments de condoléance sur celle
de Mans’our, et le reconnaître comme successeur de
ce dernier. Badis donna le gouvernement de l’Afrique
à Moh’ammed-ben-Abi-el-’Arab. Il alla ensuite
faire un voyage d’agrément à Mohdïa et à Souça. Les
vaisseaux qui étaient dans ce dernier port exécutèrent
plusieurs manoeuvres devant lui. Il y passa quelques
jours et retourna ensuite à Sabra.
Il célébra la grande fête de 387 avec une pompe
136 HISTOIRE DE L’AFRIQUE.
inouïe. Le luxe qu’il y déploya dépassait tellement
celui de ses prédécesseurs, que chacun avoua qu’on
n’avait jamais rien vu de pareil. Il parut en public,
précédé de l’éléphant dont nous avons déjà parlé, de
deux girafes et d’un chameau entièrement blanc. Le
khalife d’Égypte lui envoya un présent de pierres précieuses
et de diverses autres productions de l’Orient.
Badis alla au-devant de ce présent pour faire honneur
à celui qui l’envoyait.
Badis, ayant reçu la nouvelle que, dans le
Mor’reb, Ziri-ben-’Atîa-ez-Zenâti se dirigeait vers
Achir, fi t marcher contre lui une armée commandée par
Moh’ammed-ben-Abi-el-’Arab, gouverneur de l’Afrique.
Ce chef fut complètement battu près de Tïaret et
perdit ses bagages et son trésor. Après cette déroute,
Badis partit de Rekkâda et marcha en personne contre
Ziri-ben-’Atîa. Celui-ci assiégeait Achir, mais il leva
le siège à son approche. Badis le poursuivit jusqu’aux
extrémités du Mor’reb, et revint ensuite à Achir.
Pendant qu’il était ainsi occupé, ses oncles se
révoltèrent. Il les vainquit dans plusieurs combats,
où périrent sept mille hommes des Zenata qui étaient
avec eux. Badis revint victorieux à K’aïrouân, et
fi t promener dans les rues de cette ville, ainsi qu’à
Mans’oura, les têtes de ses ennemis vaincus.
Felfel-ez-Zenâti se révolta sous ce règne. Il y
eut aussi de grands troubles à Tripoli; mais Badis les
apaisa. Le règne de ce prince fut troublé par des révoltes
continuelles.
LIVRE CINQUIÈME. 137
En 403, El-H’akem, khalife d’Égypte, envoya
un présent à Badis ainsi qu’à son fi ls. Badis alla audevant
de ce présent avec les grands de sa cour et son
fi ls El-Moez, qui parut pour la première fois en public
dans cette circonstance. On mit pied à terre pour lire
les dépêches du khalife ; elles contenaient l’acte de
donation de Barka, qui augmenta les états de Badis.
Badis eut bien des fois les armes à la main, et fi t
bien des voyages dans le Mor’reb. Il était toujours le
premier au combat. Quoiqu’il aimât à thésauriser, il
était extrêmement généreux ; il fi t beaucoup de bien
aux membres de sa famille, à qui il pardonna même
des actes de rébellion. Il marchait contre les Zenata,
lorsque la mort le surprit à Meh’ammedia, dans la dernière
nuit de zil-k’ada 406. Les grands qui l’accompagnaient
cachèrent sa mort pour se donner le temps
de faire reconnaître son fi ls El-Moez, qui n’avait pas
encore dix ans. Cela fait, la mort du prince fut déclarée,
et son corps transporté à Mohdïa, où se trouvait
son fi ls, que sa grand’mère y avait conduit. Cette
princesse avait choisi cette ville pour sa résidence, à
cause des guerres qui affl igeaient l’intérieur du pays.
Elle y avait fait déposer ses richesses.
Le siège du gouvernement des Beni-Ziri avait
d’abord été à Achir. El-Mans’our-ben-Balkin le
transporta ensuite à Sabra près de K’aïrouàn; Badis
son fi ls ne changea rien à cette disposition. Il habita
Sabra autant que les guerres qu’il eut à soutenir le lui
permirent. El-Moez s’établit à. El-Mohdïa.
Subscribe to:
Post Comments (Atom)

No comments:
Post a Comment