Tuesday, 7 July 2009

GOUVERNEMENT DE ’EL-H’ADJ-MOH’AMMED.

GOUVERNEMENT D’EL-H’ADJ-MOH’AMMED.
El-H’adj-Moh’ammed-Faz fut proclamé dey par
les chefs de l’armée, dans le vestibule d’Ah’med-
Khodja, immédiatement après la mort de celui-ci. On
le conduisit ensuite à la k’as’ba, à la porte de laquelle
il s’assit et où il fut solennellement reconnu. Il habita
quelque temps la k’as’ba, puis retourna dans sa maison,
qui était située près de la zaouïa du cheikh Ben-
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1 On parlera amplement de cette organisation dans le livre suivant.
LIVRE SEPTIÈME. 357
Kherasan. Il y eut, au commencement de son règne,
des fêtes magnifi ques à l’occasion du mariage de
Mourad-Bey, fi ls de Moh’ammed-Pacha, avec la fi lle
de Ioucef-Dey. Moh’ammed-Pacha déploya, dans
cette circonstance, le faste d’un sultan. Il dépensa des
sommes qu’on ne saurait énumérer. Les fêtes durèrent
quarante jours; on y vit et on y entendit des choses
qu’on n’avait jamais vues ni entendues. Pendant
ces quarante jours, les tables furent toujours dressées
et couvertes de mets exquis ; tout le monde pouvait
venir s’y asseoir, et personne n’en était repoussé. On
accourut à cette fête de tous côtés. Les chanteurs y
étaient sans nombre. Il y avait réception toutes les
nuits, et les lampes et les bougies y étaient en si grande
quantité, qu’il semblait que des rois seuls avaient
pu faire une pareille illumination. On envoya, de tous
les pays, complimenter le marié. Les poètes le célébrèrent
dans leurs vers, et furent récompensés selon
le mérite de leurs oeuvres. Les Tunisiens avouèrent
qu’on n’avait jamais vu pareille chose dans leur ville,
même au temps des Beni-H’afez.
Sous le gouvernement d’El-H’adj-Moh’ammed,
Ben-K’âcem-el-Menestiri commença à s’agiter pour
arriver au pouvoir. Il était aveuglé par son ambition,
et poussé par K’outchouk’-Mourad, mamelouk d’El-
H’adj-Moh’ammed, qui ne faisait rien sans le consulter.
Moh’ammed-Pacha confi squa ses biens d’Abd-
Allah Ben-Khoran, qu’il avait élevé au poste éminent
de k’âïd des kâïds, et qui fut ensuite réduit au néant.
358 HISTOIRE DE L’AFRIQUE.
Moh’ammed-el-H’afzi-ben-Bel-K’âcem eut également
ses biens confi squés. Il fut enfermé dans la
zaouïa du cheikh El-Khelfaoui. On lui pardonna ensuite,
et ses biens lui furent rendus. Moh’ammed-Pacha
confi squa aussi, à l’instigation de son secrétaire
Ah’med-el-Menari, les biens des Beni-Sandal, qu’il
réduisit à la misère. ’Ali-Haoua , qui jouissait de la
plus grande faveur auprès du pacha, enivré de sa fortune,
rêva des choses auxquelles il ne pouvait prétendre.
Le pacha, qui le soupçonna, eut l’intention de
s’en défaire ; mais ‘Ali-Haoua lui en évita la peine et
s’empoisonna, avouant par là sa culpabilité. Le pacha
triompha de tous ses ennemis, dont il découvrit les
projets.
Dans le commencement de son règne, El-H’adj-
Moh’ammed prévint une émeute par sa prudence et sa
générosité. On avait remis au k’âïd Daoud le juif, qui
était changeur, l’argent destiné à la solde de la milice
il y eut un défi cit, que le dey combla aussitôt de ses
propres deniers, en envoyant au divan, à dos d’hommes,
la somme qui manquait, et qui était considérable.
Il étouffa probablement par là une révolution.
Le dey jouit, durant tout son règne, d’un bonheur
continuel. Il mourut en choual 1063, après une
longue maladie. Il fut inhumé près de la porte de la
k’as’ba, et se présenta à Dieu avec ses actes, soit pour
l’enfer, soit pour le paradis(1).
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1 Ces derniers mots sont, dans l’un des deux manuscrits arabes,
d’une autre main que le texte.

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