Tuesday, 7 July 2009

PRÉFACE DES TRADUCTEURS

PRÉFACE DES TRADUCTEURS.
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L’ouvrage dont nous avons entrepris la traduction nous a paru mériter, à plus d’un titre, d’être offert au public, à une époque ou le Nord de l’Afrique, dont la plus belle partie est devenue française, attire les regards de toute l’Europe. L’auteur de ce livre, fort inconnu jusqu’à présent, a résumé avec assez de lucidité,
et quelque peu de critique, tout ce que ses
prédécesseurs avaient écrit sur cette contrée
depuis l’invasion musulmane. Il est en général
moins sec, moins décharné que la plupart des
historiens arabes, même les plus renommés.
On trouve chez lui, sur les moeurs et sur les institutions, quelques digressions qui ne manquent
point d’intérêt.
Le but principal d’El-K’aïrouâni a été
d’écrire l’histoire du royaume de Tunis, c’està-
dire de l’Afrique proprement dite, en prenant
ce mot dans le sens restreint que lui donnaient
les anciens. Mais comme ce pays ne fut longtemps
qu’une partie du vaste gouvernement
arabe du Mor’reb, puis successivement des
empires des Ar’labites, des Fatimites, des Zeïrites,
des Almoravides, et enfi n des Almohades;
que ce ne fut qu’à la chute de ces derniers
qu’il devint état indépendant, notre auteur a
écrit, par le fait, l’histoire de toute la Barbarie
jusqu’au XIIIe siècle. A partir de cette époque,
il ne s’occupe plus que de Tunis, dont il donne
les annales détaillées sous la dynastie des Beni-
H’afez et sous la domination turque, jusqu’en
1681 (1092 de l’hégire), année où il publia
son ouvrage. Dans cette dernière partie de son
travail, il est écrivain original; car, comme il a
soin de le dire, depuis la chute des Beni-H’afez,
Tunis n’eut pas d’autre historien que lui.
Si les personnes qui s’occupent de sciences
historiques pensent que c’est leur avoir rendu un service que d’avoir fait connaître un auteur
arabe aussi complet que l’est El-K’aïrouâni,
elles devront en attribuer le mérite principal à
M. le maréchal duc de Dalmatie, dont les encouragements
ont soutenu les traducteurs dans
ce travail aride, et sous les auspices de qui cette
traduction voit le jour.
Nous avons cru devoir joindre à la traduction
du texte de notre auteur un nombre assez
considérable de notes à l’usage des lecteurs peu
versés dans l’histoire, la littérature, la géographie
et les institutions de l’Orient. Nous prions les orientalistes qui voudront y jeter les yeux,
de les lire avec indulgence, et ceux d’entre eux à qui nous avons fait des emprunts, de nous les pardonner et de recevoir nos remerciements pour les lumières qu’ils nous ont fournies.

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