Tuesday, 7 July 2009

GOUVERNEMENT DE ’AH’MED-KHODJA.

GOUVERNEMENT D’AH’MED-KHODJA.
Ah’med-Khodja, dit ’Azen-Khodja, fut élevé au
pouvoir par les suffrages de la milice, qui fut unanime
en sa faveur. Il dut ce triomphe à la manière
pleine de douceur et de bienveillance dont il avait
traité les soldats dans sa charge de khodja du divan. Il
se montrait surtout plein de tendresse pour les orphelins
des soldats, dont il défendait les intérêts avec un
soin tout paternel ; c’est ainsi qu’il gagna les coeurs.
Il commença à gouverner avec bonté et avec justice ;
mais il aimait à thésauriser.
Sous son règne, les galères de Malte forcèrent l’entrée
de H’alk’-el-Ouad, brûlèrent plusieurs bâtiments
et en prirent plusieurs autres, dont un appartenait à
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1 El-K’aïrouâni a raison de citer cette circonstance comme la
meilleure preuve de l’excellence de la police que faisait régner le dey
dont il fait l’éloge ; car il est diffi cile d’avoir une idée, quand on n’en
a pas été témoin, de l’état d’abjection dans lequel sont plongés les
juifs en Barbarie.
LIVRE SEPTIÈME. 355
K’ara-Khodja, un à Zemirli, un à Bouchachia. L’ennemi
porta un rude coup ; le dey, voyant que le fort
qui est sur ce point n’avait pu empêcher ce malheur,
en fi t construire un second pour la protection du port.
Il y eut, dans la première année du règne d’Ah’med-
Khodja, une disette considérable. Moustafa-Pacha et
Ah’med-Djalibi fi rent beaucoup de bien dans cette
circonstance. Ils faisaient des distributions de pain
aux pauvres, près de la zaouïa du cheikh El-Zellaïdji.
La foule y était si grande que plusieurs personnes y
furent écrasées. Le blé et l’orge montèrent à des prix
sans limite. Mais cet état de choses dura peu. Dieu eut
pitié de ses créatures. La prospérité revint avec l’abondance
des récoltes. Dans le commencement du règne
d’Ah’medKhodja, il y eut règlement de compte entre
Moh’ammed-Pacha et Selîmân-Bey. Il en résulta que
Selîman-Bey fut reconnu débiteur. Moustafa-Pacha
prit en payement un bâtiment, des magasins et la sania(
1) qui est à Ras-et-Tabia. Il donna le tout à Ah’med-
Khodja, ce qui prouve sa grande générosité.
En 1053 commença à Tunis une peste qui dura
sept ans.
En 1055 arrivèrent de Constantinople des ordres
pour qu’on envoyât de Tunis des vaisseaux et des troupes
à Candie. Ah’med-Khodja fi t aussitôt les dispositions
nécessaires. Il fi xa à trente couronnes environ la
solde des troupes qui devaient faire partie de cette expédition.
Il mit pour cet objet un impôt sur les habitants
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1 Puits à roue, appelé noria en Espagne.
356 HISTOIRE DE L’AFRIQUE.
de la ville et des faubourgs. Il réunit, en outre, une
grande quantité de pelles, de pioches et de couffi ns
qu’il envoya à bord des bâtiments. L’année suivante
fut encore employée à ces préparatifs, puis il n’en fut
plus question.
Sous Ah’med-Khodja, Moh’ammed-Pacha organisa
les zmala(1), et commença à mettre les Arabes sous
le joug. Après la mort de Selîmân-Bey, il n’eut plus de
concurrent dans les affaires du dehors, et s’en occupa
seul. Des intrigants étaient parvenus à brouiller Selîmân
avec Ah’med-Khodja, qui le fi t périr dans les supplices.
Ce Selîmân s’appelait aussi H’amida-’Achour.
L’armée obéissait ponctuellement aux ordres
d’Ah’med-Khodja. Un jour, il prescrivit aux troupes
de se rendre à R’âr-el-Melah’, pour ne affaire dont les
détails seraient trop longs. Une heure après, il ne restait
pas un seul soldat dans la ville, ce qui prouve combien
sa volonté était respectée. Il mourut de maladie en 1057.

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